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:: vendredi, le 6 février 2004 par: Juan Fandos-Rius

Jane Vialle, femme politique

Jane Vialle est née le 27 août 1915, à Ouesso, Moyen‑Congo, (Afrique Équatoriale Française), et décedée le 9 février 1953, à Bordeaux (France).

Fille d’une mère congolaise et d’un père français, agent de la Compagnie concessionnaire des Sultanats de l’Oubangui, elle passa sa jeunesse à Bangassou.
Candidate évincée aux élections de la deuxième Assemblée Constituante du 23 juin 1946, sur 8 418 Oubanguiens inscrits, 5 793 ont voté : Jane Vialle obtint 57 voix.
Le 27 juillet 1946, Vialle fonde l’APEAN (Association pour l’Évolution de l’Afrique Noire). Mais elle s’inscrira plus tard sous l’étiquette SFIO (Section Française de l’Internationale Ouvrière) au Sénat. En exécution du décret du 25 octobre 1946, un Conseil représentatif est né à Bangui avec un double collège. Le 19 octobre 1947, le Conseil représentatif désignait ses représentants à l’Assemblée de l’Union française, à Versailles et au Sénat (Conseil de la République), à Paris. Boganda usa de son influence pour la faire élire au Sénat (1947-1952), et au Conseil représentatif de l’Oubangui-Chari (1952-1953).

Jane Vialle - 5.7 ko
Jane Vialle

Dès 1947 elle dépose et soutient des propositions de résolution relatives à l’application intégrale dans les territoires d’outre‑mer de la Constitution d’octobre 1946 et à la recherche de la paternité naturelle en faveur des enfants métis. Pour elle, l’Union française, en laquelle elle voulait voir une réalité vivante, ne devait être tangible qu’au jour où serait obtenue l’égalité absolue de tous ses citoyens. Vialle fonde en 1949 une coopérative ouvrière de production et de consommation, « L’Espoir Oubanguien », pour la mise en valeur et d’équipement de l’Oubangui‑Chari. Elle plaide la nécessité d’une promotion intellectuelle et sociale rapide de la femme africaine, convaincue que les femmes doivent jouer un grand rôle pour faire disparaître l’ignorance, la pauvreté et la maladie des territoires en voie de développement. Elle a fondé l’Association des femmes de l’Union française, (AFUF) qui subventionne l’instruction en France de jeunes filles des territoires d’outre‑mer, et en devient la secrétaire générale au nom de l’Oubangui‑Chari.

Par Jane Vialle, l’Oubangui‑Chari avait influencé très largement les organisations de promotion féminine de l’Union française de 1947 à 1952, Union française dont faisaient partie l’Indochine, les Îles Comores, Madagascar, l’AOF et l’AÉF. Jane Vialle publie des articles dans le Journal de l’AFUF, depuis le premier numéro paru en décembre 1946. Devenue membre en 1950 de la commission de l’Éducation Nationale, elle préconise notamment le développement de l’enseignement professionnel afin de doter les territoires africains d’une main‑d’œuvre qualifiée. Elle est également membre de la commission des Nations Unies chargée de l’étude de l’esclavage sous toutes ses formes. Ayant trouvé la mort le 9 février 1953 à la suite d’un accident d’aviation au retour d’une mission, elle fut citée à l’ordre de la Nation par le président du conseil des ministres.

Décorations et distinctions : Médaille de la Résistance, Citation à l’Ordre de la Nation.


Sources :
-  Pénel, Jean-Dominique. Barthélemy Boganda. Écrits et Discours. 1946-1951 : la lutte décisive.
-  Nambea, Sylvain et Poubangui, Abel Linge. Les Représentants Oubanguiens au Grand Conseil de l’A.-É.F. 1947-1958.
-  http://www.senat.fr


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Forum : il y a 3 contribution(s) au forum.

> Jane Vialle, femme politique
(1/2), par Auréol
> Jane Vialle, femme politique et Dominique Kosseyo le tirailleur
(2/2), par mickyleroy
> Jane Vialle, femme politique par Auréol, le : 17 mai 2010
Merci infiniment de relater cette histoire car moi qui suis la petite nièce de jane Viale je suis sur ses traces depuis des lustres. Malheureusement le Congo et la RCA se battent le maternité de Jane Viale. elle est issue de mère Vili de pointe noire ma grande tante.



> Jane Vialle, femme politique et Dominique Kosseyo le tirailleur par mickyleroy, le : 18 avril 2008
Je suis Centrafricain et j'aime beaucoup l'histoire de mon pays, mais cette histoire m'a fait découvrir que les femmes qui ont milités dans l'histoire politique de mon pays sont aussi nombreuses que je ne le pensais et cela est très intérèssant pour les generations futures. Cet article est très bon merci ! c'est aujourd hui que j'ai découvert id+ et j'ai lu 2 articles

Voir : Dominique Kosseyo un tirailleur Centrafricain
   
> Jane Vialle, femme politique et Dominique Kosseyo le tirailleur par LAS, le : 10 décembre 2008
Je n'ai jamais entendu parlé d'elle avant jusqu'au jour où j'ai lu le livre de JD Penel. Comme quoi nous, les centrafricains, ne connaissons pas les grandes personnalités ayant marqué notre histoire (mis à part Boganda bien sur). Je crois qu'il est temps de reformer les manuels d'histroires scolaires de la RCA



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